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La fracture numerique mise en lumiere par le covid 19

La fracture numérique mise en lumière par le covid19

La fracture numérique se définit comme la disparité d’accès aux technologies de l'information notamment internet.Le chercheur Ben Youssef Adel dans son ouvrage “Les quatres dimensions de la fracture numérique” décline cette disparité. Il expose les inégalités économiques et sociales liées à l’accès aux TIC (Technologie de l’Information et Infrastructure : équipements et infrastructures).


Cette fracture de premier degré fait référence à la définition simplifiée de la fracture numérique.
Il décrit les inégalités liées aux usages qui différencient les groupes sociaux et les individus dans leur milieu social. 
Il met en exergue la fracture numérique de l’efficacité des usages. Sa problématique est la suivante : à taux d’équipements identiques, pourquoi certaines nations ou individus augmentent-ils leurs performances plus rapidement ?
Enfin, il s’intéresse aux inégalités face aux modalités d’apprentissage. Selon lui, la connaissance est abondante grâce aux TIC mais le monde est aujourd’hui dans une économie de celle-ci. Pour lui, les TIC sont également à l’origine des inégalités face aux modifications des processus d’apprentissage et donc aux performances des individus et des nations.

A noter que, dans le cadre de la pandémie du Covid-19, il sera intéressant d’étudier ces quatre dimensions.

Ce hiatus est présent à la fois dans le cadre scolaire et dans le monde professionnel. Il se manifeste par un clivage entre les transmetteurs et les récepteurs de l’information. Pour exemple et selon l’article du journal Courrier-Picard, ce clivage se crée tout d’abord sur le matériel: "Il suppose [le dispositif de continuité pédagogique] un équipement informatique complet (PC + imprimante), une connexion haut débit et un espace de travail propice à la concentration de l’enfant, ce qui n’est pas possible dans les logements les plus modestes. Combien de familles disposent d’une adresse mail valide ? Des collègues ont compté : dans certaines écoles de l’Oise, moins de 10 % des familles renseignent leur adresse sur la fiche de renseignement annuelle".

De fait, le confinement peut favoriser le décrochage scolaire et accentuer la fracture numérique.

Au niveau des écoles supérieures, la continuité pédagogique semble mitigée. Selon l’article du Monde, le décrochage scolaire s’accentue pour les étudiant-e-s en licence. Encore une fois, le dispositif de continuité pédagogique ne permet pas une égalité d’accès aux cours entre les étudiants.
A contrario, certains établissements du Supérieur poussent leurs élèves jusqu’à la fin des programmes. Par exemple, la mise en place d’une continuité pédagogique dès le premier jour du confinement a permis aux 37 élèves de deuxième année du BTS “Commerce International” à l’ENC (Ecole Nantaise de Commerce) d’aller au bout de leur programme.
Témoignage de Armelle Claveau, étudiante dans cette classe : “ Nous avons eu cours tous les jours de 9h30 à 12h et de 13h30 à 17h jusqu’aux Vacances de Pâques. J’ai rendu mes dossiers pour valider les dernières notes de mon contrôle continu. Néanmoins, nous poursuivons les cours en ligne la semaine prochaine pour aller à la fin de notre programme. Je suis très heureuse d’avoir pu poursuivre ces cours qui me seront indispensables pour la suite. ”

Ainsi, la continuité pédagogique est très hétérogène entre les établissements. Elle soulève des inégalités pré-existantes à la crise sanitaire qui ne favorise pas la gestion de l’enseignement à distance.

Quel impact pour les femmes ?

La comparaison de la crise du Covid-19 à la crise d’Ebola montre qu’en cas de crise sanitaire les droits de la femme sont menacés (au même niveau que lors des crises politiques, économiques et sociales).
Les enfants : (majoritairement liés à la mère)
Selon Le journal La Croix, l’ensemble de “l’écosystème de l’enfant” est en danger avec la fermeture des écoles. Celle-ci, dans ce cadre d’exclusion sociale et de marginalisation - plus de 107 pays impactés - pourrait augmenter les risques “d'augmentation des grossesses précoces, des abus, des violences” observés au moment d’Ebola.
Ici, la fracture numérique s’invite dans des problématiques sociales, alimentaires et d’assistance sanitaire. Le portail numérique n’étant pas accessible à tout le monde, le taux d’abandon est conséquent en tant de crise.

Toujours selon le journal, suite à la crise d’Ebola, des centaines d’enfants ne sont pas retournés à l’école.


Le droit
Au niveau national, la crise du coronavirus laisse place aussi à de nouvelles interrogations concernant les droits de la femme.
Pour exemple, le refus du sénat d’allonger les délais de l’avortement en France pendant la pandémie fait débat.
Non pas sur les chaînes télévisées mais sur Internet. Les plateformes de réseaux sociaux comme Twitter permettent aux différents partis de s’exprimer face au silence des médias sur cette question.


L’artisanat en temps de crise :
Les artisans, petits commerçants sont frappés de plein fouet par cette pandémie du fait même de leur proximité avec le public.
A titre individuel, collectif, via les instances, beaucoup réagissent en créant des passerelles de commande et de livraison, des solutions de commande et paiement numérique,
ertains d’entre eux, au final, ont découvert les bienfaits du pré-commande, du pré-payé, des instructions sanitaires pour continuer malgré tout leur activité.
Des mairies ont créé des sortes de répertoires décrivant des commerces “ouverts”, gratuits, souvent ergonomiques, et du coup … à objet publicitaire.
Les plus novateurs, agiles et pugnaces d’entre les professionnels seront les gagnants de cette bataille, sinon gare à la fracture numérique !!!

Le positif
Pour finir sur une note positive, la crise du coronavirus est aussi un levier pour l’écologie.
En matière d’initiatives solidaires, ici et là fleurissent des idées pratiques, rapides et efficaces : 

►Dans le cadre de la pénurie des masques FFP2, Lucie Burton de la ville de Uccle en Belgique s’est mise à la fabrication artisanale de masque de protection en tissu.
Les masques sont mis en vente en ligne grâce aux réseaux sociaux notamment Facebook, des groupes ou des pages déjà constitués ou créés pour l’occasion.

►La Grande-Bretagne a demandé à ses usines automobiles nationales de reconvertir leurs outils de production dans la fabrication de matériel médical. Jaguar a déjà affirmé son soutien, comme de nombreux autres constructeurs européens qui ont pris des initiatives solidaires.

►En France , PSA et Renault ont mis en place des dons de masques aux autorités de santé. Alors que leurs usines ont fermé la semaine dernière, PSA et Renault ont décidé de transmettre ce matériel médical conséquent aux préfectures, services d'urgence et personnels soignants. Sont concernés : plus de 120 000 masques du côté de Renault, 130 000 chez PSA, auquel pourrait s'ajouter des gants et des défibrillateurs déjà proposés par la maison-mère de Peugeot.

►Valeo a également fait un don de 30 000 masques FFP2 et FFP3.
Stand 21, fabricant de combinaisons et de matériel pour les pilotes automobiles, basé à Dijon, va en fabriquer et attend la réception des matériaux pour passer rapidement à la production. Enfin, le fabricant chinois d'automobiles et de batteries BYD a décidé de fabriquer des masques et du gel hydro-alcoolique alors que ses lignes de production sont aussi à l'arrêt.

►Le groupe Décathlon vient de retirer ses masques de plongée à la vente pour les distribuer aux soignants et patients en première ligne face au coronavirus

►Un peu partout, des propriétaires de logements vides proposent gratuitement ceux-ci aux personnels de santé.

►Des groupes de voisins (nextdoor, allo voisins) font régulièrement des annonces pour venir en aide ou soutien que ce soit pour des appels téléphoniques ou encore des regroupements sécurisés d’achats et de livraisons de courses.

Les exemples sont légion de l’utilité du numérique comme agent de liaison et de non interruption de liens sociaux mis à mal.

Sur ce point aussi, la fracture numérique, pour ceux dont les moyens matériels ne permettent pas d’être connectés, est illustrée de façon évidente et parfois dramatique.

L’expérience malheureuse que nous vivons aura, peut-être, en compensation, la prise de conscience que l’accès raisonnable aux technologies actuelles de communication est nécessaire, voire vital en cas de crise.

 


Références

Ben Youssef Adel, « Les quatre dimensions de la fracture numérique », Réseaux, 2004/5 (n° 127-128), p. 181-209. https://www.cairn.info/revue-reseaux1-2004-5-page-181.htm

https://premium.courrier-picard.fr/id74494/article/2020-03-10/coronavirus-quand-les-cours-distance-se-heurtent-la-fracture-numerique

https://www.la-croix.com/Monde/Coronavirus-moitie-enfants-monde-prives-decole-2020-03-20-1201085209


https://www.marieclaire.fr/coronavirus-covid-19-delais-allongement-avortement-ivg-france,1341782.asp

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_initiative-solidaire-et-coronavirus-lucie-coud-des-masques-en-tissu-et-les-propose-a-la-vente?id=10458289

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